« … L’inondation maîtrisée, la scène qui va suivre est d’un autre ordre… La chute de ma lingerie a été interrompue par le climatiseur des locataires du dessous, absents pour les fêtes. Je pense au spot d’une chaîne locale : une télévision est jetée du haut d’un appartement et un message prie la population de ne pas se débarrasser de cette façon d’objets volumineux risquant de faire de nouvelles victimes. En ce qui me concerne, c’est involontaire. C’est aussi beaucoup plus léger, délicat à récupérer cependant. Je convertis mon parapluie – la technique a déjà fait ses preuves – en canne à pêche. J’en entoure le manche d’une spirale de cahier dont je recourbe l’extrémité. Je lance cette ligne, penchée au maximum au-dessus du vide, mon sauveur me retenant par les pieds, pour harponner les vêtements tombés plus bas… »

   « … Je souffre plutôt d’acrophobie, lorsque mon compagnon et moi parvenons sur les lèvres du cratère du Mont Batur. Noyés dans les fumerolles et les fortes odeurs de souffre, nous entamons, après « l’épisode Coca-Cola », le tour du gouffre, d’où fusent des panaches de vapeur. Nous cheminons sur l’arête de deux flancs abrupts, dévalant vers le lac et vers les entrailles du volcan. Je marche avec autant de peine qu’à Lantau et suis rapidement prise de malaise… »

    « … Le Venitian, sur cette seconde île, est l’archétype de cette démesure, au sein d’une Venise recréée sur près d’un kilomètre carré. Doté de trois mille chambres et d’une salle de spectacle, cette ville dans la ville est également l’un des plus grands casinos du monde. Canaux, gondoles et gondoliers, traditionnelles sérénades, la réplique est parfaite. On déambule le long de magasins de luxe et dans des salles successives, les plafonds reproduisant soit, de manière kitsch, des fresques de maîtres italiens, soit les couleurs d’un ciel passant de l’aurore à une nuit claire et étoilée… »

Spiritualité et réalités, p.182 :

   « … Nous allons chercher ce matin nos permis de trek dans un bureau vétuste, avant de prendre un petit appareil à hélice pour Pokhara, départ de la majorité des excursions.
   Je redoute à présent les voyages en avion, a fortiori si les vols ou les aéroports sont dangereux, comme celui-ci, en raison des reliefs élevés, des précipices, de l’étroitesse des pistes, souvent courtes et enserrées dans les vallées. Décollage. Nous entrons aussitôt dans le vif du sujet : nombreuses et assez violentes secousses. Pour me rassurer, cette annonce :
   « Aujourd’hui, c’est un grand jour, mon co-pilote est aux commandes pour la première fois ! »… »

Animaux en tous genres, p.94 :

Dans la neige et les nuages, p.265 :

   « … Première vision d’horreur : transpercés de crochets de bouchers, pendent des chiens grillés à la flamme de chalumeaux, gueules en bas et crocs dehors. Nous fuyons vite, mais pour déboucher sur une allée bordée de bassines, où l’on choisit, à l’aide de baguettes, ses scorpions vivants, les plus gros censés être les meilleurs pour la santé. À côté, s’entremêlent des serpents qui agrémenteront les soupes. Dans des seaux, des hippocampes, prisés pour les vertus attribuées aux oeufs, vont dynamiser les amateurs d’exploits. Dans des prisons en osier ou en fer s’entassent lapins, hamsters, singes et toutes sortes de bêtes à poils ou à fourrure. Le dégoût nous fait presser le pas, avant que mon regard ne se porte sur une cage contenant… des rats. Nous n’avons pas encore tout vu !... » 

  « … Cinq cents mètres plus loin, point de vue. En contrebas, je reconnais des otaries affalées sur des rochers. […] Là, on les compte par dizaines de milliers, malgré les massacres perpétrés chaque année pour diverses raisons que les défenseurs de l’environnement considèrent plutôt comme des prétextes. Il m’a même fallu renoncer aux blocs sanitaires publics installés sur la plage, la masse et l’agressivité de l’une d’elles en interdisant l’accès. 
  Sur la terre ferme, j’ai donc fait face à l’une des guerrières d’une armée et, lors de ma baignade héroïque dans une eau taquinant le degré zéro, j’ai nagé au milieu d’animaux dont j’ignorais le voisinage, carnivores qui plus est !... »

   « … Elle [la route] serpente le long de parois abruptes, son étroitesse et son état déplorable en font un couloir à sens unique. Le pilote, affable, ne cesse de nous parler et se retourne constamment pour s’assurer que nous suivons bien, ou pour tendre un « joint » au troisième passager, en vantant les prétendues vertus des fameuses herbes locales. Ce faisant, il néglige de regarder devant lui. Son assistant ne se prive pas non plus de fumer, tout en restant attentif. D’un geste d’habitué, il participe à la conduite et redresse de temps en temps le volant.
   Le précipice devient abyssal. Nous enchaînons les virages en épingle, sur une piste de plus en plus exiguë et dont nous ne distinguons plus l’extrême bord. Nous avons l’impression de nous trouver à trois cents mètres au-dessus du vide. Pourtant, pour certains, c’est le délire, provoqué par les plantes psychédéliques. Pour moi, pas de lèvres en feu pour faire diversion et échapper aux affres de l’angoisse… »

    « … Braises et bougies dispensent une lueur de clair-obscur sur notre vieille aubergiste, sur ses joues et son front burinés, parcheminés, meurtris par le froid et desséchés par le soleil. Sur sa peau se dessinent toutes les rides de l’existence, ce qui, Raksi aidant, n’altèrent en rien sa jovialité. Parmi sa chevelure grisonnante clignotent les petites lampes d’une guirlande. Parée de colifichets, elle est un sapin vivant !... »

Hasard ou rendez-vous ?, p.303 :

« … En Afrique du Sud, nous longeons une rivière d’où émergent quelques têtes de sauriens. Elles paraissent flotter et glisser dans le courant. Sur la rive, l’un d’eux, immobile, mâchoires béantes, semble momifié. Plus d’une demi-heure s’écoule. À la fin du pique-nique, il est là, figé. Nous lui jetons des reliefs de repas, juste pour voir… Et nous voyons… »

    « … Un été, la mer m’appelle dès ma première journée de congés. Les maîtres-nageurs de l’année précédente accourent à ma rencontre et meurent d’impatience de me montrer « une grande surprise ». Sur une dalle, dégagée à marée basse, je la découvre, cette fameuse surprise ! Ils y ont consacré des heures et en sont très fiers. Gravé dans la pierre, un large cercle avec, en son centre, un surf encadré de leurs prénoms et du mien, « SANDRIN ». À côté, un visage auréolé d’une chevelure ondulée… »

  « … Au coeur de l’Himalaya, littéralement « demeure des neiges » en sanskrit, il [le Tibet] s’offre comme un joyau dans un écrin d’une centaine de sommets, dont tous ceux de plus de huit-mille mètres de notre planète. L’arrivée en avion à Lhassa est à la fois spectaculaire et impressionnante… »

Animaux en tous genres, p. 100 :

Dragon Boat p.66 :

  « … Le coup de pistolet retentit. Assise au premier rang, arc-boutée, mon oeil droit rivé sur ma partenaire pour que nous ayons la même cadence, mon oeil gauche perçoit soudain la coque du bateau voisin à une distance beaucoup trop proche. Nous avons pris un cap, non pas perpendiculaire, mais parallèle à la côte et c’est la collision ! L’équipage nous invective vertement et l’un de ses membres, en proie à un accès de fureur, menaçant, brandit sa rame et l’abat avec une violence inouïe. L’un de nous l’esquive de justesse et cette massue, se fracassant sur le plat-bord, vole en éclat. C’est alors que ce dément, qui continue à vociférer, s’enfonce peu à peu dans les eaux. Je réalise simultanément que nous sommes, si je puis dire, dans la même galère ! Le niveau monte à une vitesse folle. Nos deux bateaux sont en train de sombrer ! Sauve-qui-peut général !... »

Les toits du monde, p.187 :

« Qui veut, peut ! », p.300 :

   « … « Quand on veut, on peut ». Ne jamais baisser les bras, toujours garder espoir… Il convient toutefois de ne pas nourrir d’excessives ambitions et d’accepter qu’avec le temps il y ait de plus en plus loin « de la coupe aux lèvres ». Le succès n’en réside pas moins dans la capacité à positiver, à croire en soi, à demeurer en phase avec son moi, que la difficulté soit d’ordre physique, ou mental, comme je le vérifierai amèrement… »

Rencontres improbables, p.228 :

   « … Cinq ans ont passé. Je réside à Bangkok. Dans un salon de coiffure, un inconnu parle de cinéma, mentionne Hong Kong, en anglais, avec un accent français. Je pense immédiatement au fameux tournage… » 

  « … Gîte et couvert nous sont offerts chez l’habitant. Au réveil, visite de la cuisine située dans une case en contrebas, à une époque où le ciment n’a pas détrôné le bois des maisons sur pilotis. Nous assistons à la préparation de notre petit déjeuner : du rat ! Hier, c’était donc cela ! Probablement rat des champs, mais rat malgré tout ! Je frémis d’horreur a posteriori… »

   « … Après un transit à Paris, où j’ai perdu toute notion de l’heure, me voici enfin dans l’avion pour Rabat, impatiente de m’asseoir et de dormir. Je m’assoupis très rapidement, sans même prêter attention à mon voisin, qui tapote mon épaule lors de la distribution des plateaux repas. Il me passe le mien. Je croise un regard d’un bleu profond. Je réalise soudainement que ce courtois passager n’est autre que Titouan Lamazou, navigateur renommé, écrivain et dessinateur. Un bel échange s’ensuit et il m’explique comment il découvre désormais le globe, non plus à bord de son bateau, mais en voyageant. Le lecteur s’évade avec lui, grâce à ses récits passionnants, illustrés avec talent… »

  « … L’astre est énorme et semble avaler l’espace avant d’épouser la mer. La palette des dégradés d’ocre, de rouge, d’or varie à l’infini. Des jets cramoisis raient le décor. Quelques jours auparavant, lors d’un survol en hélicoptère, ils paraissaient surgir des entrailles de cette terre, connue pour ses volcans, éteints ou en activité. […] De ces marmites en ébullition jaillissaient de temps à autre des feux d’artifices, de la matière rougeoyante, cascadant sur leurs flancs. Le sol bouillonnait et se striait alentour de rivières de sang. La coulée écarlate se métamorphosait en un dragon furieux crachant les flammes de l’enfer. Bientôt refroidie, solidifiée et coagulée, elle se muait en un tapis noirâtre, boursoufflé et déchiré par endroits. S’échappant des fissures de la carapace durcie du monstre, de la lave achevait de calciner sur son passage des squelettes d’arbres. Le pied de la montagne s’obscurcissait peu à peu. L’infernale créature à l’agonie, en sombrant dans l’océan, vomissait en un dernier râle des volutes de fumées opaques. Vision grandiose, apocalyptique !... »

  « … J’ai l’occasion d’en côtoyer un dans une auberge. C’est l’animal de la maison, un orphelin adopté par la famille, alors qu’il n’était pas sevré. Je m’attendris et lui tends un bout de pain. Une patte sur ma jambe, il en réclame un deuxième. Je m’exécute. Deux pattes, encore un morceau. Je n’ai plus rien et ne peux répondre à ses exigences. Le patron, qui a compris, se précipite à ma rescousse, pressentant l’imminence d’un coup de griffe meurtrier… »

    « … On identifiera sans peine son auteur, notre guide. Cette fois sera la seule où je citerai un nom pour qu’on le reconnaisse, qu’il se reconnaisse, que le surnom de Dalaï-Lhakpa que je lui ai attribué ait tout le sens lié au mot Dalaï : sagesse, humilité, magnanimité, fraternité, spiritualité et toutes les valeurs inscrites dans les gènes des Tibétains. En ce qui le concerne plus particulièrement, j’y ajouterai intuition et délicatesse.
   « Le toit du monde n’est pas fait que de glace », je le confirme. »

Drôles d’étrennes de Dame Nature, p.71 :

Type your paragraph here.

Bain… de glace, p.124 :

​Croisement de routes et de destins, p.87 :

Initiations, p.157 :

​​Il faut le voir pour le croire, p.113 :

Vertigo, p.253 :

Dans l’oeil du typhon, p.247 :

Dans la neige et les nuages, p.263 :

   « … Obéissant aux instructions données par radio et reçues dans mon casque, je ne m’assois dans ma sellette qu’au signal :
   « OK, c’est bon, Sandrine ! ».
[…] Je me rends compte alors que j’ai pris trop d’altitude. Panique à bord ! Un professionnel serait à la fête de s’élever et de glisser sur les airs à sa guise. Moi, mon seul souci est de redescendre au plus vite ! Comment faire ? J’entame un virage, je grimpe de plus belle ! Je suis secouée, « baladée » de haut en bas, de gauche à droite… En langage de surfeur, je suis dans une « machine à laver » ! J’ai les mains tétanisées sur les commandes des freins et mon coeur s’affole… »

Hier et aujourd’hui, p.296 :

    « … Jeudi 14 novembre, quatre mois plus tôt. Encore deux 4 ! Cette date restera à jamais gravée dans ma mémoire, car elle fut celle d’un profond déchirement, celle où j’ai quitté définitivement ma chère île, celle où la dernière racine fut arrachée à l’arbre hongkongais. L’arbre, c’était moi. Douleur, émotion… Réel traumatisme dont j’ai eu beaucoup de peine à guérir. Le temps est toujours le meilleur allié.
   Mon arbre, transplanté à Bangkok, repousse et refleurit. Aujourd’hui est un grand jour : c’est celui qui s’est imposé, comme une évidence, pour donner une suite et une fin à un livre. […]
   Après m’avoir été fatidique en Inde, le chiffre 4 me sera-t-il maintenant favorable ?... »

Les toits du monde, p.195 :

    « … Si mes premiers kilomètres en Vespa sont assortis d’une bonne dizaine de PV pour stationnements en dehors des parkings réservés aux deux-roues, j’ai également la chance d’échapper à des contraventions…
   Feu vert ! Je démarre et tourne à gauche. Derrière moi, un policier à moto me suit et me fait signe, d’un index autoritaire, de me ranger. J’ai les jambes en coton, me demandant quelle faute j’ai pu commettre.
« Vous avez brûlé le feu ! Vos papiers ! ».
   Il n’était vert que pour ceux qui allaient tout droit, je ne l’avais sincèrement pas réalisé. J’ôte mon casque, relâche ma crinière rousse, et, comme par enchantement, mon bourreau devient tout souriant :
   « S’il vous plaît Mademoiselle, faites attention la prochaine fois ! »... »

    « … Cet Action Asia Challenge s’ancrera dans ma mémoire. Jamais je n’ai autant souffert lors d’une course : une colline est un pic de l’Himalaya, une étape en kayak, une traversée d’océan, un parcours en VTT, un chemin en enfer, un versant en rappel, une descente dans un précipice, un lit de rivière, un monstrueux torrent.
Les heures passent, je peine, je transpire, je halète, je ne cesse de pleurer. Je suis tentée d’abandonner, je trouve pourtant le courage d’aller jusqu’au bout. Bien plus qu’une compétition, c’est un combat contre moi-même. J’arrive en miettes. Énorme surprise : nous recevons la coupe du Overall Champion – Women’s Team50 ! Je verse des larmes d’extrême fatigue, mais aussi de joie et de fierté intenses… »

Gravures rupestres, p.27 :

Dans la neige et les nuages, p.269 :

Spiritualité et réalités, p.179 :

  « … Surgit brutalement une masse énorme qui fond droit sur nous, sans que j’aie le temps d’avoir peur. Quelques dixièmes de secondes après, un coup de queue d’une violence inouïe ébranle notre prison. Nous voyons distinctement la tête et l’oeil cruels, les branchies et le corps gigantesque de ce superprédateur, qui s’évanouit aussitôt dans un nuage de bulles d’air. Nous n’avons évidemment pas le loisir d’étudier sa gueule dans le détail, ni celui d’évaluer la puissance de sa mâchoire, hérissée d’impressionnantes lames de rasoir acérées… »

À scooter : risques et privilèges, p.55 :

Curiosités, p.202 :

Il faut souffrir pour réussir, p.85 :

  « … Trois heures trente, nous sommes à la gare. Quatre heures, quatre heures trente… Nous ne nous inquiétons pas vraiment. Chat échaudé craignant l’eau froide, je m’informe, à tout hasard, auprès du préposé pour m’assurer que nous sommes sur le bon quai : 
« Bénarès ? Le train est déjà passé ! 
— Quoi ? Nous étions là à trois heures trente ! 
— Ahhh ! Aujourd’hui, il était en avance ! ». 
J’essaye de réprimer ma fureur et mon exaspération et, poliment : 
« Et alors, comment on fait maintenant ? 
— Il y a le train normal, celui-là il est là, juste là. Regardez, il s’en va ! »… »

Saga familiale, p.11 :

Dans les airs, p.256 :

Il faut le voir pour le croire, p.112 :

  « … Parking de l’aéroport. On va, on vient, les chariots débordent de bagages. Soudain, un triporteur, moteur vrombissant, surgit à toute allure, poursuivi par deux voitures. Un homme en descend un peu plus loin et ôte sa perruque blonde, en nage.
  « Coupez ! ».
  Cet homme, c’est le cascadeur… […]
  Travaillant à mi-temps, je peux remplir mes diverses fonctions sur le tournage. Je me lève fréquemment en pleine nuit pour me rendre sur les différents sites avant mes cours de huit heures trente. Aucun problème. À mon âge, on récupère vite. Surtout, je vis une passion, ma passion de toujours : entrer dans l’univers du septième art.
  Un matin, la directrice du casting me téléphone… »

   «  … Calme avant la tempête, prémisses d’un typhon progressant inexorablement vers nous.
   Je regagne ma chambre et, anxieuse, en guette avec appréhension les signes annonciateurs. Rien ! Toujours ce silence oppressant ! À trois heures du matin, brusquement, le vent se met à hurler. Il fait nuit noire. Je distingue pourtant un ourlet d’écume et de mousse blanchâtres à la crête de lames que je devine énormes. Je comprends rapidement la gravité de la situation. Des rouleaux assaillent une bâtisse du premier rang. La violence dévastatrice de la tornade double d’intensité. Elle mène avec un palmier un combat de titan, le secoue, le tord, le plie et, victorieuse, l’abat, fracassant et écrasant un cabanon sous son poids.
   Plus une seconde à perdre ! Il faut fuir !... »

Numérologie et émotions, p.232 :

  « … Nous nous garons à côté d’un modeste van, rempli de planches, de voiles, de mats, de wishbones et de tout l’attirail du professionnel accompli. Qui en descend ? Mon idole de toujours, le légendaire Robby Naish, véliplanchiste au palmarès impressionnant. En chair et en os ! Il est simple, aimable, humble, qualités des grands seigneurs qui n’ont plus rien à prouver.
  Les célèbres et talentueux Björn Dunkerbeck et sa soeur sont également en scène ce jour-là. Ils sont époustouflants et plus chanceux que les victimes de ces conditions extrêmes… »  Sur la terre ferme, j’ai donc fait face à l’une des guerrières d’une armée et, lors de ma baignade héroïque dans une eau taquinant le degré zéro, j’ai nagé au milieu d’animaux dont j’ignorais le voisinage, carnivores qui plus est !... »

  « … Il fait nuit. Les rares lumières éclairent faiblement le dédale des labyrinthes pavés, les maisons et les bâtiments surannés et disparates qui les bordent. On croirait cheminer dans un décor de cinéma. Une foule grouillante nous entraîne vers la rive du Gange. Incantations autour de bûchers. Des flammes s’élèvent, des âmes s’envolent. Coupables d’un certain voyeurisme, nous assistons à distance à l’une de ces cérémonies, occasion de méditer sur la condition humaine. Un être de chair devient poussière, bientôt dispersée dans les eaux… »

Hommes en cage, p.134 :

  « … C’est alors que la mère, faisant fi de cette menace potentielle, contre-attaque en poussant des cris comparables aux crachotements et aux grésillements d’un poste de radio lorsqu’on recherche une station, volume au maximum. Mâchoires béantes, babines retroussées sur des dents prêtes à mordre, elle se rue sur mon mollet. J’ai juste le temps, pour la faire reculer, de saisir une de mes palmes, de la brandir, de l’agiter frénétiquement et de lui en asséner un coup salvateur sur le crâne. Elle bat en retraite sur le champ. Chargée de trésors, toute la bande s’installe dans un arbre. À présent tranquillisée, j’admire l’ingéniosité de nos « semblables » : le père croque une banane qu’il tient dans l’une de ses mains. De l’autre, il incline la bouteille qu’il a posée en équilibre sur une branche et dont il a ôté le bouchon, puis il en boit habilement deux ou trois gorgées. Le benjamin, quant à lui, tête ma crème solaire et dans son regard étrangement humain se lit son plaisir… »

Vagues, volcans, rayon vert, p.140 :

Vagues, volcans, rayon vert, p.142 :

    « … Trop tard ! En une dizaine de minutes, nous voici prisonniers, enveloppés d’épaisses nuées, au sein desquelles nous nous trouvons littéralement noyés, puis cinglés par les bourrasques et les flocons de neige.
   Les traces que nous suivions jusque-là, comme le Petit Poucet les cailloux qu’il avait semés, ne sont bientôt plus visibles. Nous continuons à l’aveuglette, avec l’unique certitude de devoir aller dans le sens de la descente. La montagne n’a plus rien de magique, elle devient hostile. Nous sommes pris au piège. Des versants, naguère majestueux, dévalent des avalanches, dont nous percevons les craquements sinistres et le grondement terrorisant… »

    « … Vision holistique : tout est lié, homme, animal, nature. Se soucier de cette dernière en péril aura forcément une incidence sur les deux autres. Notre univers est fragile, maltraité, constamment ébranlé par des drames. Si tant est qu’on sache le préserver, le génie ne provoquera pas son anéantissement. Tout espoir n’est pas perdu ! Point de nostalgie !... »

« … À Hong Kong vivent des spécimens variés de serpents que j’ai eu parfois la surprise de trouver sur mon chemin : cobras, vipères vert-fluorescent, couleuvres vert-kaki.
À la fin de l’un de mes entraînements, à la saison chaude et humide, période de « déshibernation », je m’étonne de n’en avoir vu aucun, quand se tortille, à mes pieds, un bébé couleuvre de la dimension d’un ver de terre. Nous sommes tous pareils : a priori, le fort est redoutable, le petit inoffensif. Je me penche pour l’étudier de près. Lorsqu’apparaît dans mon champ de vision la mère, d’une taille plus respectable, je prends mes jambes à mon cou. Alors que je suis encore en proie à l’émotion, le père, énorme, lézardant au soleil, au beau milieu du sentier, me fait passer du sprint au saut de haies !... »

     sandrine beillard

          SITE OFFICIEL

Voyages authentiques, hors des sentiers battus - Vivez, créez votre aventure!

Authentic, off the beaten track travel - Live, create your own adventure!

    « … Tout a tellement changé ! Des pistes, aujourd’hui pour la plupart goudronnées, s'entrelacent. Difficile de s'y retrouver. Soudain, ma mère pousse une exclamation. Elle pense avoir reconnu l'ancien hangar, pourtant à demi effondré, et la maison qui a mal résisté aux assauts du temps.
     « Là, là, répète-t-elle, ce bois d'eucalyptus me dit quelque chose ! ».
Nous y sommes, en effet. Le chemin d’accès est barré par une branche d'arbre. Elle s'adresse en arabe à un gardien, visiblement assez âgé. Il se demande ce que font à cet endroit ces deux étrangères qui, de surcroît, semblent avoir la prétention de braver l’interdit. L'explication donnée, il demeure un instant perplexe, puis ses yeux s'illuminent… »

Sueurs froides sur la Route de la Soie, p.278 :

Hier et aujourd’hui, p.291 :